Festival du Film de Lama en Corse, projections sous les étoiles

C’est sans doute l’un des plus jolis festivals de cinéma, niché dans les montagnes corses à côté de Bastia. En ce mois de juillet, une programmation très cinéphile se projette sur grand écran en plein air, sous les étoiles et avec le bal des chauves-souris. Tout simplement magique.

Premier soir, un film drôle et original, L’Espèce explosive

Pour cette 32e édition, la programmation du Festival du Film de Lama s’approche de celle du Festival de Cannes, avec de nombreux films vus sur la Croisette. Minotaure, Notre Salut, Du fioul dans les artères, La Vie d’une femme, La bola negra, Histoires de la nuit, Quelques mots d’amour et un film présenté en ouverture, celui de Sarah Arnold, L’Espèce explosive. Un film avec l’enfant du pays, habitué du festival Alexis Manenti (Les Misérables, Le Ravissement, Dalva, L’Affaire Vinča Curie), l’extraordinaire Ella Rumpf en psychologue (vue dans Grave, Des preuves d’amour) et le très drôle Vincent Dedienne en gendarme. Dans ce contexte de pleine nature, le film qui est très difficile à résumer, s’insère entre chasse aux sangliers – et bêtes hors catégories, agriculteurs, politiques véreux et gendarmes loufoques. Excellent de par son originalité, son questionnement sur nos priorités et rapports de pouvoir, son casting qui marche à la perfection et entre tout ça, une histoire d’amour bien plus que surprenante, la réalisatrice Sarah Arnold a été applaudie, jusqu’au lendemain dans une conversation sous le platane, le rendez-vous de discussion iconique du Festival de Lama.

Au rythme de la montagne, les films prennent une grandeur corse

Alors que l’on enchaîne les projections de films, La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet avec Léa Drucker et Mélanie Thierry, et Du fioul dans les artères en séance de nuit, de Pierre Le Gall avec (encore une fois) Alexis Manenti, la montage donne à ces projections une hauteur, une splendeur, une douceur. On regarde les longs-métrages perchés tels des oiseaux, le coeur sensible, et notamment pour ces deux films qui sont des histoires d’amour homosexuelles. Les codes se cassent, le temps s’oublie (comme le désir du réalisateur Pierre Le Gall qui questionne le temps dans ses films), le public est captivé par les projections en plein air. Un goût de vacances cinéphiles que l’on ne trouve qu’à Lama, un village préservé avec des amoureux du 7e Art, comme Bernard qui vient depuis la toute première édition il y a 33 ans. « C’est un peu secret ce festival. Le premier film, c’était sur des bergers. Aujourd’hui, on regarde de grands films », nous raconte-t-il, en route pour la salle de projection. À croire que ce qui se passe à Lama, reste à Lama, même si on vous en parle sur Still magazine…

Retrouvez toutes les informations sur le site du Festival du Film de Lama et leur compte Instagram.

📸 Mona Favoreu pour le Festival

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