On a vu Mother Mary avec Anne Hathaway, Michaela Coel et FKA twigs à Deauville

Et nous ne sommes pas sûres d’avoir tout compris. Le film événement, présenté par Vogue comme « le film le plus attendu de 2026 », a été projeté au Festival du Film Américain de Deauville. Décryptage de ce long-métrage au casting de rêve, qui parle de musique, d’amour, de stylisme et… de fantôme.

Anne Hathaway exceptionnelle en pop star, entre Lady Gaga, Lana Del Rey et Taylor Swift

Le film est mystérieusement décrit comme une histoire « psychosexuelle » entre deux personnages féminins, et son réalisateur David Lowery le voit comme une continuité de son cinéma sublime et fascinant, on ne sait pas vraiment dans quelle case le ranger. Peut-être que c’est là le coup de génie, l’histoire est un peu floue, mystique, elle dépasse le compréhensible avec la présence d’un fantôme métaphorique (ou réel ?) entre deux femmes qui se sont connues dans le passé. Leur distance et leur éloignement amical voire amoureux a créé cet esprit ou entité. Dans A Ghost Story du même réalisateur, on était habitué à partir loin. Mais là, on s’envole au-delà du compréhensible pour les simples humains que nous sommes.

Anne Hathaway incarne une pop star iconique, qui chante merveilleusement bien – la musique originale intègre des morceaux composés par des pointures de l’industrie comme Charli XCX et Jack Antonoff, tandis que la bande originale instrumentale est signée Daniel Hart. Anne Hathaway y interprète elle-même plusieurs titres originaux (notamment le morceau « My Mouth is Lonely For You »). Ce qui fait sa force scénique, c’est aussi et surtout ses tenues et l’image qu’elle renvoie aux fans venus en masse à ses concerts. Et derrière cette image, une femme styliste – jouée par Michaela Coel, et l’incarnation de Mère Marie, pleine de grâce (on comprend la couronne sur la tête) ou Jeanne d’Arc. Sauf que l’encrage de départ nous met dans l’ambiance, Mother Mary n’a jamais reconnu publiquement l’idée d’incarnation et de divinité pensée par Sam (le personnage de Michaela Coel).

Du beau bizarre, à prendre ou à laisser

On comprend la difficulté ressentie par Anne Hathaway pour jouer dans ce film, même si rien n’est à redire sur sa prestation. La présence au casting de Hunter Schafer (Euphoria), le répondant puissant de Michaela Coel (I May Destroy You) ainsi que la beauté des scènes de chant et de prestations scéniques ne peut que nous bluffer. Mais cette histoire de fantôme, presque à certains moments créant chez nous un fou rire – le rire pour se moquer reste tout de même une émotion, le côté religieux et les références trop abondantes nous laissent un peu sur le bas côté. L’amour n’est pas palpable, le sujet est niche et l’esthétique beaucoup trop importante. Déjà sorti aux États-Unis sur Prime, il n’a pas encore de date en France.

Même si ce film est beau et bizarre, on se laisse à penser qu’il peut trouver un écho ici, de part les performances de ses actrices et la splendeur de certaines scènes. Il reste en tête, comme un rêve (ou un cauchemar), il questionne sur la reconnaissance, la célébrité, l’énergie d’un concert. Et le coup de coeur pour nous a été FKA twigs, en chamane étrange, qui ne s’éloigne pas de son univers sur scène, incarne à la perfection ce rôle alors qu’elle est déjà reconnue mondialement pour la musique. À voir, si vous n’avez pas peur de ce que cela peut réveiller en vous (et s’il arrive en France un jour).

Mother Mary de David Lowery avec Anne Hathaway, Michaela Coel, Hunter Schafer. 1h50.

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