La Fashion Week se termine avec une intensité rare. Loin de se limiter à un simple défilé de tendances, cette édition a fait dialoguer le grand spectacle scénographique, les récits intimes et l’engagement brut. Décryptage des moments et des visions qui ont marqué les esprits.
Au Trocadéro, l’ultime éclat d’Anthony Vaccarello ?
Marqué par les rumeurs persistantes annonçant son départ imminent, le défilé Saint Laurent printemps-été 2027 d’Anthony Vaccarello avait l’allure d’un couronnement. Pour fêter sa décennie à la direction artistique, le créateur s’est inspiré des présentations haute couture d’Yves Saint Laurent à l’InterContinental à travers une réinterprétation spectaculaire au Trocadéro. Sous une marée d’or déclinée du lamé au brocart, la collection a orchestré la rencontre parfaite entre les archétypes maison — saharienne, trench et jupe portefeuille — et le vocabulaire tranchant instauré par Vaccarello, incarné par des épaules XXL, des blousons amples et des tailleurs percutants.
Des rues de Lagos au défilé Chanel
Il y a peu, Rachel Ojuromi transformait le bitume de Lagos en véritable podium. Sur son compte giverachelashot (« Donnez une chance à Rachel »), elle partageait ses réinterprétations minutieuses de grands défilés, dont celui de la collection Métiers d’art 2026 de Chanel. L’audace a payé : séduites, les équipes de la maison l’ont contactée pour concrétiser son rêve en la faisant défiler le 5 octobre.
Le coup d’éclat politique de Matières fécales place de la République
Le label Matières Fécales a transformé la place de la République en tribune militante. Articulé en trois tableaux (« Family », « Tribe » et « Gods »), le show mettait en scène 99 modèles racisés arborant des créations oscillant entre hommage à l’exil, esthétique punk déstructurée et robes de bal gothiques façonnées par l’artisanat des pays des Suds. Une performance viscérale et engagée, qui prouve avec brio que radicalité politique et virtuosité couture peuvent dialoguer sans fausse note.
La terre battue en majesté chez Lacoste
Sur le court Philippe-Chatrier, au cœur du mythique stade Roland-Garros, Lacoste a érigé la terre battue en matière première. La terre ocre s’est déversée dans l’arène, clin d’œil aux manufactures où prend forme cette surface, la plus exigeante du tennis, tandis que le défilé suivait le tracé d’une boucle infinie.
Pour Pelagia Kolotouros, le court est une surface en perpétuelle mutation. Les lignes s’y estompent sous le jeu de jambes, la terre rouge vient marquer les ourlets et l’effort s’affiche comme une parure. Ce qui passait autrefois pour une imperfection devient le symbole de l’accomplissement et dicte les codes de toute la collection.
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