À l’origine d’Une Nuit Nomade, deux fondateurs (Alexandra et Philippe) animés par une même passion : celle du voyage, des rencontres et des émotions olfactives. Depuis sa création, la maison de parfumerie invite à explorer le monde autrement, en faisant de chaque fragrance une destination à part entière. Rencontre avec ses deux créateurs, qui nous racontent la naissance de cette aventure singulière, leur vision du parfum et cette quête permanente d’ailleurs.
Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ?
Nous nous sommes rencontrés alors que nous travaillions tous deux chez Universal Music au sein du label Mercury. Alexandra était directrice artistique et Philippe Directeur du Marketing. C’est en 2017 qu’est née notre Nuit Nomade.
Nous nous percevons comme des conteurs qui explorent le monde dont nous tirons des histoires.
Une Nuit Nomade évoque déjà, dans son nom, une certaine idée de l’évasion. Quelle histoire se cache derrière ce nom ?
La philosophie d’Une Nuit Nomade est celle du nomadisme olfactif. Mais avant tout l’envie forte de raconter des histoires autour du voyage avec élégance et poésie. Nous nous percevons comme des conteurs qui explorent le monde dont nous tirons des histoires.
Le voyage est-il avant tout une destination géographique, un état d’esprit ou une manière de se retrouver soi-même ?
C’est avant un terrain de création et d’imagination extraordinaire. Et sans limite. Nous disons souvent que notre quête d’un monde parfumé est sans limite. C’est un lieu à découvrir, une culture à embrasser et une introspection sur ce que l’on est une fois sur place.
À quel moment avez-vous compris que le parfum serait votre moyen d’expression privilégié ?
Ce n’est qu’une histoire de passions qui se transmettent, se chevauchent. Celle de la musique a laissé place à celle du monde des fragrances avec beaucoup de ponts et de points communs. Et avec d’infinies possibilités de pouvoir créer.
Qu’est-ce qui vous intéresse dans l’idée de créer un parfum plutôt que de raconter une histoire par l’image, l’écriture ou la musique ?
C’est l’émotion qu’un parfum provoque, le fait qu’il soit un lien très solide avec nos mémoires et souvent reliées à l’enfance. C’est le seul sens qui crée ce souvenir intense. Un même parfum peut ainsi éveiller des émotions, des sensations et des souvenirs très différents d’une personne à l’autre.
Comment trouver l’équilibre entre un parfum qui raconte une histoire et un parfum dans lequel chacun peut projeter la sienne ?
Cela peut se télescoper ou totalement se confondre. Cela nous arrive assez souvent qu’une personne ayant vécu dans une destination que nous avons explorée retrouvent avec précision des impressions, des souvenirs forts de ces moments passés. Nous nous disons alors que notre création fait sens et même au delà de nos attentes.

Dans un marché où les marques de niche se multiplient, qu’est-ce qui définit, selon vous, une véritable signature olfactive ?
Il faut un storytelling fort sur des bases solides, une volonté de ne pas faire comme tout le monde, de faire que chaque nouvelle fragrance créée respecte notre ADN et de surtout collaborer avec le bon parfumeur, celui qui saura donner le relief à l’histoire que nous portons, y apporter sa signature.
Quelle part de votre identité personnelle se retrouve, consciemment ou non, dans les créations de la maison ?
On nous dit souvent que l’ensemble de nos collections ont un fil rouge, qu’on reconnaît un parfum Une Nuit Nomade alors qu’il y a des écarts de dates dans nos créations et surtout des collaborations avec des nez très différents.
Cela montre que nous avons une DA assez claire, quelque chose en nous qui amène à tisser des liens entre chacune de nos créations. Une recherche certaine d’élégance et d’équilibre dans les formulations.
Comment imaginez-vous la relation entre un parfum et la personne qui le porte : comme une rencontre, une appropriation ou une transformation ?
C’est une rencontre avec nos souvenirs, avec une identité à un moment clé et cela devient une affirmation de soi.
Quelle est la dernière chose qui vous a émerveillé ?
Une correspondance entre Erri de Luca (auteur italien merveilleux) et Inès de la Fressange sur la notion d’âge, et d’âge expérimental. C’est beau, les photos sont belles et les mots bien employés.
Si votre vie actuelle était un parfum, quelles en seraient les trois notes principales ?
En note de tête une épice, peut-être le poivre. Cela pique, cela remue, cela provoque. En note de coeur, une fleur complexe, aux multiples facettes le jasmin. En fond, un bois noble et bien assis, le santal.
Quelle émotion aimeriez-vous que quelqu’un ressente en découvrant l’une de vos créations, sans même connaître son nom ?
Une joie lumineuse, une création qui pousse à sourire, une joie peut-être même tellement intense qu’elle provoque quelques larmes.
Rendez-vous sur leur site pour explorer leur univers olfactif.


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